Ciblage des subventions: Le modèle iranien

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L’expert pétrolier algérien Dr.Baghdad Mendouche, a indiqué que le ciblage des subventions est le mieux indiqués pour les pays dépendants des revenus des hydrocarbures, aspirant à l’instauration d’un Etat social.
Pour Baghdad Mendouche, le système indirect des subventions d’aide aux produits alimentaires à forte consommation, comme l’huile, le sucre, le thé, le lait, le pain, l’électricité, l’eau et les carburants, a donné des résultats probants, permettant la protection des catégories sociales les plus vulnérables.

L’expert algérien, cite l’exemple iranien comme modèle, ayant donné des résultats dans ce pays, malgré la facture des 100 milliards de dollars de la rente pétrolière, et l’embargo international imposé par l’Occident.

Ainsi, en 2008, l’ancien président iranien Ahmedi Najad avait proposé au parlement iranien le recours à ce système indirect des subventions, dont l’aide ira directement au citoyen, selon le revenu de chacun.

Cette proposition n’a pas suscité l’engouement populaire chez les iraniens, mais Ahmedi Najad, en visionnaire avait estimé que ce système aura des effets positifs sur le citoyen iranien, en premier lieu et sur l’État iranien, en second lieu. Pour réussir cette opération, le gouvernement iranien dirigé par Ahmedi Najad avait sorti les gros moyens médiatiques, pour faire comprendre au peuple iranien sur les effets positifs de ce système de subvention, en incluant les médias lourds, la presse écrite, les radios, les mosquées et la société civile.

Le travail du gouvernement iranien ne se limitait pas à ça, puisqu’un bureau d’étude et d’expertise spécialisé et indépendant avait été retenu pour concrétiser l’opération de ciblage des subventions sur la base de

  1. L’équité et la justice
  2. Octroi d’une aide indirecte au père de famille de 6 personnes
  3. Ouverture obligatoire d’un compte bancaire pour le versement direct du montant de la subvention, sachant que les banques sont tenues d’offrir des guichets exposés pour l’accomplissement de cette opération dans la transparence
  4. Les personnes aisées bénéficieront aussi d’aides symboliques, et sont tenues de les percevoir à l’égard des personnes moins loties et vulnérables au niveau des guichets ouverts par les banques. Cette mesure a dissuadé les personnes aisées, de peur d’être dénoncées par la population.

Le bureau d’étude désigné par le gouvernement a travaillé aussi sur le recensement minutieux des revenus, des superficies des logements des bénéficiaires de cette aide, et s’ils possèdent des véhicules, où d’autres revenus.

Les bénéficiaires d’aides ont été répartis en trois catégories

  1. Les catégories les plus vulnérables, bénéficiaires d’une large aide, calculé selon le Salaire National Minimum Garanti SNMG,avant la suppression de la subvention générale
  2. Les catégories intermédiaires, bénéficiaires de deux niveaux d’aide
  3. Les catégories aisées, bénéficiaires d’aides symboliques.

Dès janvier , le système indirect des subvention est lancé, après le versement des aides aux catégories recensées, sachant que les aides ont été calculées selon les cours internationaux des produits alimentaires, comme les céréales, le sucre, le café, l’huile et le carburant.
Le recours à ce système engendra une fluctuation des prix passant de 400 à 2000%, mais l’Iran ne connaîtra pas d’agitation sociale, car les familles concernées par la subvention percevaient leurs aides mensuelles, dans leurs propres comptes bancaires. Dans le même cadre,50% des montants destinés à la subvention indirecte, ont été orientés vers la promotion de l’investissement dans les secteurs industriel et agricole, en vue de booster la production nationale et de diminuer les opérations d’importation.

En conclusion, le recours à ce système a permis à l’Etat iranien, de réaliser de bons résultats, en réussissant à diminuer la consommation des carburants de 30%, dès la première année de sa mise en application. Le modèle iranien a été salué et encensé par les organismes financiers internationaux, et demeure fort indiqué pour les pays dépendants des revenus des hydrocarbures, dont l’Algérie.