Chakib Khelil: La stratégie pour sortir de la dépendance des hydrocarbures

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Suite à deux entretiens que l’ancien ministre de l’Energie, M.Chakib Khelil nous a accordés, il y a quelques semaines et compte tenu des évolutions qui marquent les scènes algérienne, et internationale, Algérieactu a jugé utile de décortiquer les grandes lignes de la stratégie, préconisée par l’ancien ministre pour assoir une réelle politique du développement socioéconomique durable de l’Algérie .

Au sujet de la situation du marché pétrolier international, notre interlocuteur,  estime que l’équilibre entre l’offre et la demande sera atteint durant le troisième trimestre de l’année 2017, soutenu, par le respect des accords d’Alger et de Vienne, permettant aux cours pétroliers de se stabiliser autour de la fourchette 54-60 dollars , pour le baril. Le respect de l’accord de vienne, reconduit, récemment, permettra de maintenir cette tendance, autour de 55 dollars, pour le baril, et en même temps encourager la production du pétrole de schiste américain, autour de 600 mille barils/jour.

Concernant l’effet Trump, Chakib Khelil, avait indiqué, que le nouveau locataire de la Maison Blanche, va imposer une taxe sur l’importation du pétrole, et qui aura deux effets immédiats, l’encouragement de l’exportation du pétrole de schiste américain, qui devra concurrencer le pétrole des pays comme l’Algérie, la Libye et le Nigeria, et la pénalisation de l’importation du pétrole saoudien et vénézuélien, très utilisé dans les raffineries américaines.

Chakib Khelil, prévoit une hausse des cours,si le président américain décide des sanctions contre l’Iran, obligeant Téhéran à réduire sa production.

Sur la question de l’effet Trump, l’ancien ministre de l’Energie avait annoncé que ce dernier apprécie le rôle que joue l’Algérie, pour le retour de la stabilité dans la région et ses efforts en Libye, ainsi que le rôle de premier plan en matière de lutte contre le terrorisme transfrontalier.

Au sujet, de certains projets géostratégiques, Chakib Khelil, évoque le projet du Gazoduc, reliant le Nigeria à l’Europe, via l’Algérie(Nigal), et ses effets positifs pour le développement de la région, faisant partie de l’axe Alger-Lagos, ainsi que le GALSI, qui reliera l’Algérie à la Sardaigne, et l’Italie.

Interrogé par nos soins, sur les actions à prendre pour attirer les investissements directs IDE, Chakib Khelil, évoque 8 facteurs, cités dans le rapport 2017 de la Banque Mondiale, comme le démarrage des opérations d’investissements, les permis de construction, l’électricité, la supervision des contrats avec les partenaires, le paiement des impôts, les opérations d’exportation, l’obtention de crédit, et l’enregistrement de la propriété.

L’ancien ministre, avait préconisé en ce sens une nouvelle approche et feuille de route pour sortir le pays de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures, en insistant dans un premier temps, à la rationalisation des ressources humaines et financières disponibles, pour attirer les investissements et relancer la croissance et la création d’emplois.

L’ancien ministre suggère la nécessité de développer un tableau de bord pour chaque projet , en vue de faciliter le suivi, et la prise de décision par l’Etat. Chakib Khelil, opte, en ce sens pour une nouvelle vision, en matière  de recouvrement fiscal, accompagné par une rationalisation des crédits bancaires, pour booster la production et l’exportation.

L’ancien, ministre insiste sur l’attractivité de l’Algérie, compte tenu de sa position géostratégique, comme porte du continent africain ,sa proximité avec le vieux continent et son positionnement au niveau du bassin méditérranéen,et la nécessité d’améliorer les conditions du transport, et le rôle de la diplomatie, pour mieux vendre l’image de l’Algérie et ses potentialités.

Pour concrétiser ces objectifs, notre interlocuteur avait évoqué 15 mesures spécifiques,un programme de communication cohérent et global pour rallier la société civile et les médias, la réforme bancaire et le renforcement de la bourse, la définition d’un nouveau rôle au niveau de la diplomatie algérienne, concernant le commerce et l’afflux des capitaux, l’amélioration des services et les coûts de transport terrestre, aérien et maritime, la numérisation des services à tous les niveaux, en vue de promouvoir l’économie des connaissances, et le Big Data, révision de la politique des subventions pour mieux cibler les couches sociales vulnérables, diminuer l’effet de l’informel, et du change parallèle, par la mise en place de bureaux de change, la création d’une banque algérienne internationale pour capter l’épargne de la communauté algérienne, établie à l’étranger, éliminer la règle51/49, la focalisation sur les projets rentables, utilisation de l’économie de l’échelle dans les projets, création de zones franches, dans deux au sud du pays, amélioration de coordination entre l’université et les opérateurs économiques, pour redynamiser et moderniser le marché de l’emploi, et le développement du sud du pays.